𝗟’𝗜𝘁𝗮𝗹𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗮̀ 𝗔𝗹𝗴𝗲𝗿
𝗢𝗽𝗲́𝗿𝗮 𝗱𝗲 𝗚𝗶𝗼𝗮𝗰𝗰𝗵𝗶𝗻𝗼 𝗥𝗼𝘀𝘀𝗶𝗻𝗶
Livret de Angelo Anelli
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto à Venise
Dernière fois au Grand Théâtre de Genève en 1995-1996
Nouvelle production !
*Représentation « Glam Night » le 30 janvier
🗣️ Chanté en italien avec surtitres en français et anglais
⌛ Durée : approx. 2h50 avec un entracte inclus*
Recommandé famille
*Durée mentionnée à titre indicatif et susceptible de modification
𝗗𝗶𝘀𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻
Direction musicale 𝗠𝗶𝗰𝗵𝗲𝗹𝗲 𝗦𝗽𝗼𝘁𝘁𝗶
Mise en scène 𝗝𝘂𝗹𝗶𝗲𝗻 𝗖𝗵𝗮𝘃𝗮𝘇
Scénographie 𝗔𝗺𝗯𝗲𝗿 𝗩𝗮𝗻𝗱𝗲𝗻𝗵𝗼𝗲𝗰𝗸
Costumes 𝗛𝗮𝗻𝗻𝗮𝗵 𝗢𝗲𝗹𝗹𝗶𝗻𝗴𝗲𝗿
Lumières 𝗘𝗹𝗼𝗶 𝗚𝗶𝗮𝗻𝗶𝗻𝗶
Dramaturgie 𝗖𝗹𝗮𝗿𝗮 𝗣𝗼𝗻𝘀
Direction des chœurs 𝗠𝗮𝗿𝗸 𝗕𝗶𝗴𝗴𝗶𝗻𝘀
Isabella 𝗚𝗮𝗲̈𝗹𝗹𝗲 𝗔𝗿𝗾𝘂𝗲𝘇
Mustafà, Bey d’Alger 𝗡𝗮𝗵𝘂𝗲𝗹 𝗗𝗶 𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗼
Lindoro, italien amoureux d’Isabella 𝗠𝗮𝘅𝗶𝗺 𝗠𝗶𝗿𝗼𝗻𝗼𝘃
Taddeo, vieil Italien 𝗥𝗶𝗰𝗰𝗮𝗿𝗱𝗼 𝗡𝗼𝘃𝗮𝗿𝗼
Elvira, l’épouse de Mustafà 𝗖𝗵𝗮𝗿𝗹𝗼𝘁𝘁𝗲 𝗕𝗼𝘇𝘇𝗶
Zulma, confidente d’Elvira 𝗠𝗶 𝗬𝗼𝘂𝗻𝗴 𝗞𝗶𝗺
Haly, serviteur du Bey 𝗠𝗮𝗿𝗸 𝗞𝘂𝗿𝗺𝗮𝗻𝗯𝗮𝘆𝗲𝘃
Danseurs 𝗗𝗮𝗻𝗶𝗲𝗹 𝗗𝗮𝗻𝗶𝗲𝗹𝗮 𝗢𝗷𝗲𝗱𝗮 𝗬𝗿𝘂𝗿𝗲𝘁𝗮 & 𝗖𝗹𝗮𝗿𝗮 𝗗𝗲𝗹𝗼𝗿𝗺𝗲
𝗖𝗵𝗼𝗲𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱 𝗧𝗵𝗲́𝗮̂𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗚𝗲𝗻𝗲̀𝘃𝗲
𝗢𝗿𝗰𝗵𝗲𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗦𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲 𝗥𝗼𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲
𝗗𝗮𝗻𝘀𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀𝗲𝘂𝘀𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗕𝗮𝗹𝗹𝗲𝘁 𝗱𝘂 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱 𝗧𝗵𝗲́𝗮̂𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗚𝗲𝗻𝗲̀𝘃𝗲
𝗢𝗲𝘂𝘃𝗿𝗲
Une Italienne à Alger, un Turc en Italie, un Amércain à Paris, ou pire, au Japon mais où va-t-on ? Perdu entre les mondes, Rossini ne l’était pourtant pas, mais à cheval entre les périodes musicales et politiques, les États pontificaux post- féodaux, les guerres napoléoniennes et l’idée émergeante des États-nations, oui par contre ! La naissance de la bourgeoisie et l’évolution des mœurs deviennent rapidement le centre d’intérêt d’un jeune Rossini aussi talentueux que précoce, qui remplace vite la pesanteur du drame héroïque et de la tragédie ancienne par un opéra bouffe aussi léger qu’un sabayon. Fils d’un père mi-boucher mi-cornettiste et surtout résistant, qui fit sans arrêt déménager sa famille de ville en ville, de Pesaro à Ferrare et puis à Bologne pour éviter les poursuites des suppôts des États papaux, et d’une mère chanteuse d’opéra, c’est un Gioacchino Rossini âgé de 21 ans et fort de dix opéras qui s’empare avec joie – et empressement (on dit qu’il composa l’œuvre en 28 jours) – de cette satire politique. L’Italienne à Alger culmine et fulmine dans le finale à la fois ironique, farfelu et absurde des Pappataci, titre honorifique spécialement inventé pour l’occasion, loin d’un quelconque héroïsme et tout en écho à la tradition de Marivaux dans son Île des esclaves.
Dans un esprit où souffle une forme de proto-Risorgimento, le compositeur renverse d’un même geste maîtres et esclaves, codes et références, imitations et imités, nationalismes et exotismes. Au royaume musical de l’allusion et de la citation qu’il cultiva jusqu’à sa mort, de pastiche en auto-pastiche, il deviendra le maître du jeu des inversions et de la tradition carnavalesque dont Venise raffole. Une œuvre donc carnavalesque, comme définie par Bakhtine, c’est-à-dire composée par un mélange des contraires (sérieux-comique, sublime-vulgaire, opprimé-libéré) et de « genres intercalaires », parodies ou citations caricaturées d’une tradition « perdue » dont l’auteur, tout en la maîtrisant et tout en la dévalorisant, triomphera en réinventant le genre.
Le metteur en scène suisse romand Julien Chavaz ne craint pas les ouvrages comiques, d’autant plus s’ils disposent d’une couche critique et subversive. Il avait pu nous faire grincer des dents dans l’ouvrage de Peter Eötvös Le Dragon d’or que le Grand Théâtre avait présenté à la Comédie de Genève en 2022 dans sa saison La Plage. Le voici maintenant qui s’empare du Bâtiment des Forces Motrices pour replacer les marivaudages teintés d’exotisme dans un imaginaire absurde à la croisée des genres. On compte bien sur son art pour libérer le mythe dichotomique de l’eschatologie de la révolution avec l’aide de l’ironie rossinienne révélée par le jeune chef Michele Spotti, spécialiste du répertoire du belcanto italien, la beauté séduisante et la finesse de la mezzo-soprano française Gaëlle Arquez en Isabella, face à la basse agile et à la présence charismatique de Nahuel di Pierro en Mustafa et du clair et léger ténor belcantiste de Maxim Mironov dans le rôle de l’amant Lindoro.
© Rania Matar / Rianna (In the Rain), Bhamdoun, Liban, 2023
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