La démarche artistique de Serge Delaune en photographie autour de
la persistance rétinienne se distingue par une recherche singulière de
l'effet lumineux et du clair-obscur. Serge Delaune explore ce phénomène
optique qui consiste en la persistance de l’image sur la rétine après le
passage d’une source lumineuse en orchestrant une alchimie de
techniques mêlant les calques, le monotype à la peinture à l’huile et le
tirage numérique.
Au cœur de sa création, Serge Delaune construit des compositions où
la superposition de calques picturaux et numériques brouille les
frontières entre photographie et peinture. Le monotype, application
unique de peinture ou d'encre sur une plaque lisse, confère à l’image
une matérialité singulière, proche de la chair picturale. Ces couches
sont parfois rehaussées à l’huile, prolongeant ainsi la durée de
l’impression lumineuse dans la mémoire visuelle du regardeur.
L’artiste ne cherche pas à restituer la réalité photographiée mais à en
garder l’essence lumineuse : le souvenir résiduel laissé par l’éclair d’une
prise de vue.
Le travail sur le clair-obscur est prédominant : le noir tend à révéler la
lumière, sculptant les formes par la seule présence de l’éclat ou de sa
disparition. Il s’en dégage des œuvres parfois floues à la frontière de
l’abstraction et du diagnostic radiographique, où la mémoire lumineuse
éphémère dialogue avec la densité des ombres rendant hommage à
la fragilité et à la temporalité de la vision humaine.
Cette recherche fait émerger des images à la fois uniques et
évocatrices dépassant la simple captation de l’apparence pour offrir,
selon les mots d’un critique, un «regard radiographié» sur les sujets, où
le visible dialogue constamment avec l’invisible, et où la perception du
regardeur est invitée à revivre l’intensité de l’instant lumineux initial.