" Depuis de nombreuses années, j’avais envie de comprendre pourquoi et comment toi Lulu, ma mère, tu t’étais engagée dans la résistance, quel rôle tu y avais joué, les longs jours vécus et subis dans le camp de concentration de Ravensbrück et comment tu avais pu vivre avec le souvenir de cet enfer jusqu’à la fin de ta vie.
J’ai eu bien du mal à entreprendre cette recherche, aussi bien émotionnellement qu’historiquement. Et comme tous les enfants et petits-enfants qui ont entrepris de telles démarches, je m’en veux de l’avoir commencée trop tard, quand tu nous avais quittés déjà depuis longtemps, de même que tes camarades1 de déportation, Rita Guidon* et Annette Eeckman*. Comme beaucoup d’autres, tu nous as peu raconté."